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Monument commémoratif de Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye, comte de Blossac
Historique
Situé dans le parc de Blossac à Poitiers, dans la partie du jardin anglais, le monument érigé en l'honneur de Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye, comte de Blossac, intendant de la Généralité de Poitiers de 1751 à 1786 et bienfaiteur de la ville, remonte aux années 1840. Néanmoins, sous l'insistance réitérée de la Société des antiquaires de l'Ouest, il faut attendre le 10 juin 1911 pour que la demande officielle d'ériger un monument en son honneur soit prise par le maire de la ville, Charles Gabriel Morain. Un comité est alors créé, présidé par Charles Vallet, ancien professeur du lycée de la ville, assisté de Jules Prébay, négociant, de Gaston Baudouin, architecte, et de M. Surault, chef de comptabilité à la mairie de Poitiers. Le 9 novembre 1912, le conseil municipal de Poitiers acte cette décision par une délibération.
Dans un courrier en date du 10 juin 1911 adressé au maire de Poitiers, le sculpteur de la Vienne Aimé Octobre, Grand prix de Rome en 1893, se propose de réaliser le monument. Parallèlement, la société Gaudier-Rembaux, à Aulnoye (Nord), offre le 20 novembre 1912 ses services en proposant de réaliser le monument en granite dur, proposition qui sera déclinée. Finalement, c'est Raymond Joseph Louis Sudre (1870-1962) qui est choisi par l'Etat, comme l'indique un courrier du sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts en date du 26 octobre 1912 : "J'ai l'intention d'accorder à la ville de Poitiers une subvention de quinze mille francs pour lui permettre de commander, à M. Sudre, au prix de 25 000 francs, un monument à la mémoire du comte de Blossac, ancien gouverneur du Poitou". Ce choix est validé peu de temps après par le comité ainsi que le rapporte le document officialisant l'érection du monument : " Le comité qui a été formé sur l'invitation de M. Morain, maire de Poitiers, écartant de son plein chef toute idée de compétition, a décidé, à l'unanimité, que l'exécution de l'oeuvre sera confiée à l'habile sculpteur Raymond Sudre, suivant le projet par lui conçu et antérieurement déposé ". Sudre est d'ailleurs bien connu à Poitiers pour avoir déjà réalisé en 1910 le buste d'une autre gloire poitevine, le peintre Léon Perrault, pour le même parc de Blossac. Une somme de 26 000 francs est alors réunie pour réaliser le monument : 11 000 francs grâce à une souscription publique (dont la plus grande contributrice a été Mme Aubaret avec pour elle seule 1000 francs), 15 000 francs apportés par l'Etat et 2 000 francs au moyen d'une subvention exceptionnelle de la ville de Poitiers.
Raymond Sudre propose un projet ambitieux avec trois statues de femmes symbolisant les départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée, habillées en costume de pays et offrant des fleurs au comte de Blossac (dont la maquette est conservée sous la forme d'une photographie, ci-jointe). Mais la guerre de 1914 stoppe le projet, avant que celui-ci ne reprenne en 1920, mais il est alors soumis à des restrictions budgétaires, comme l'indique un courrier du ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts en date du 24 janvier 1920 : "M. Sudre, mobilisé pendant la plus grande partie de la guerre, ne put achever cet ouvrage. Or, par suite de la hausse des prix de la matière première et des salaires, l'artiste sollicita une augmentation du prix de la commande. Malgré le bien-fondé de sa demande, il fut avisé qu'en raison de la situation des crédits et de l'état des engagements, il n'était pas possible de lui donner satisfaction". Le 18 mai 1920, le sculpteur propose deux versions allégées du monument, l'une du buste du comte entouré des trois statues de femme, l'autre du même buste accompagné d'une seule statue. Pour la première version, Sudre propose deux variantes, l'une en ciment armé en ton pierre pour un coût de 75 000 francs (ou en pierre de Lavoux pour 80 000 francs), l'autre en bronze au prix de 99 000 francs. Une troisième version figurant la seule "Offrande fleurie" dont la maquette a figuré au Salon de 1914 (sous le n° 4414) est plus minimaliste et moins coûteuse, car réalisée en pierre au prix de 25 000 francs. Les deux premiers projets ayant été refusés au motif que les départements figurant la Vienne, les Deux-Sèvres et la Vendée n'existaient pas sous l'Ancien Régime, seule la troisième proposition est retenue. C'est celle qui est aujourd'hui visible dans le parc de Blossac.
L'emplacement du monument n'a été décidé qu'en 1923, comme le relate un article de presse : "Le monument se dressera sur le terre-plein du jardin anglais, près de portail donnant accès à l'allée conduisant du bassin à la porte de la Tranchée. Dans le délicieux massif de verdure, l'oeuvre du grand artiste Raymond Sudre, fort remarquée au Salon, trouvera le cadre le mieux approprié à son caractère actuel, car des nécessités budgétaires ont considérablement réduit le projet primitif".
Pour réaliser le portrait du comte de Blossac, Sudre s'est inspiré d'un médaillon peint conservé au château de la Bourdonnaye, à Carentoir (Morbihan), ainsi que le relate en 1911 le document officialisant l'érection du monument : " Esclave même de la vérité historique, le Monument, en un buste de marbre de 1 m 20 de hauteur, sur un piédestal du style de l'époque, reproduira, avec une exactitude expressive et un juste relief, les traits fins et aimables de M. le Comte de Blossac, d'après une seule peinture, le seul médaillon existant dans la famille du cher intendant, près de Rennes, en Bretagne". De son côté, Albert Désoulières a fourni en 1923-1924, à la demande de Raymond Sudre, le soubassement et le piédestal en pierre.
Le monument est inauguré le 22 juin 1924 par le nouveau maire de Poitiers, Paul Mérine, en présence de très nombreuses personnalités (préfet, députés, sénateurs, conseillers généraux, conseillers d'arrondissements et municipaux, représentants de la Justice, de l'Enseignement et des Armées), les descendants du comte de Blossac et les membres du comité, Vallet, Prébay, Baudoin, Surault, Boucherie, Bonnet, Cornet, Chalmin, Dubois, Gilbert, Grassin-Delyle, Hambis, Lemoine, Léger, Sauvage, Tillier, Vallet-Decherat, de Grailly, Thouvenin, de la Ménardière, Chevallier-Ruffigny, Chon, Lagrange, Vergnault, Gros et Malapert.
En 2016, le monument a fait l'objet d'un récolement de la part du Fonds national d'art contemporain (Inv. FNAC 3162) et, de ce fait, l'Etat en revendique la propriété.
Détail de l'historique
| Périodes |
Principale : 1er quart 20e siècle |
|---|---|
| Dates |
1924 |
| Auteurs |
Auteur :
Sudre Raymond Joseph Louis, sculpteur Auteur : Désoulières Albert Sculpteur de travaux d'art, " successeur de la maison Bordas et Rouzeau, ateliers et magasins 3 rue du Pont-Neuf et 52 rue Saint-Simplicien près le temple Saint-Jean, Poitiers ". 1er prix de sculpture de l'exposition de Poitiers en 1887, " architecture, sculpture sur pierre, bois, marbre, granit, statuaire, autels, chaires à prêcher, saintes tables, confessionnaux, fonts baptismaux, bénitiers, etc., monuments funéraires, caveaux, chapelles, cheminées, marbrerie, balustres, colonnes, etc. " (citation de son papier à en-tête, 1921). Auteur : Octobre Jérémie Aimé Delphin Sculpteur, né le 13 mai 1868 à Angles-sur-l'Anglin (Vienne), marié le 13 mai 1901 à Vouvray avec Victorine Mavet, décédé le 21 juillet 1943 à Vouvray (Indre-et-Loire). Elève de Pierre-Jules Cavelier (1814-1894), Charles Gauthier (1831-1891), Jules Alexis Coutan (1848-1939) et Tony Noël (1845-1909), grand prix de Rome en sculpture en 1893. Auteur du monument au général de Lamirault à Montmorillon (1900) du monument aux morts de 1870 à Châtellerault (1903) et ceux de 1914-1918 à Lusignan et à La Couarde-sur-Mer (1922), du département de la Vienne à Poitiers (1924), à Châtellerault (1926) et à Angles-sur-l'Anglin (1927). Il a réalisé en 1921 la statue de l'allégorie de la France victorieuse sur le monument aux morts de Montmorillon. Sculpte en 1912 le décor allégorique de la façade de la poste centrale à Poitiers et d'une poste à Paris, divers monuments commémoratifs ou funéraires. Chevalier (1906) puis officier de la légion d'honneur (1925). Acte de naissance daté du 14 mai 1868 (né le 13 mai) : Archives départementales de la Vienne, 9 E 5 14 2, voir https://archives-deux-sevres-vienne.fr/ark:/28387/vtaa532004bf0290648/daogrp/0/58 Acte de mariage du 13 mai 1901 : Archives départementales d'Indre-et-Loire, 6NUM8/281/016, voir https://archives.touraine.fr/ark:/37621/nrmzq7fxcbl8/0cf30698-2895-4f2a-a0d2-63d1ca90b985 Acte de décès du 22 juillet 1943 (décédé le 21 juillet) : Archives départementales d'Indre-et-Loire 6NUM8/281/023, voir https://archives.touraine.fr/ark:/37621/3zb5qvldsxrw/ddd6b4d0-dd2b-47f6-98fc-fea378ec6bdc |
Description
Ce monument en pierre, de plan ovale, est constitué d'un soubassement portant une structure en arc-de-cercle au centre de laquelle est disposé un piédestal surmonté d'un buste figurant le comte de Blossac. Il est accompagné d'une statue en pied non reliée qui se tourne vers celui-ci, tandis que du côté opposé sont sculptées les armoiries des de La Bourdonnaye.
La partie arrière du monument est de forme arrondie.
Détail de la description
| Catégories |
sculpture, taille de pierre |
|---|---|
| Matériaux |
|
| Iconographie |
Précision sur l'iconographie : La partie centrale du monument est composée d'un buste figurant Paul-Esprit-Marie de La Bourdonnaye (1716-1800), marquis du Tymeur, comte de Blossac et intendant de la Généralité de Poitiers de 1751 à 1786. Il est figuré portant une veste ouverte sur le devant et une perruque courte sur la tête. Le personnage féminin qui lui apporte des fleurs symbolise les parcs et jardins que l'intendant a fait réaliser en Poitou, comme à Châtellerault, Lusignan et Poitiers (Vienne), à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) ou à Fontenay-le-Comte (Vendée). |
| Inscriptions et marques |
Inscription en bas-relief sur le piédestal qui supporte le buste : " A de La Bourdonnaye c(om)te de Blossac, intendant du Poitou de 1751 à 1786, les Poitevins reconnaissants 1924 ". Signature gravée sur le soubassement : " Raymond Sudre sc(u)lpt(eur) ". Armoiries identifiées de la Bourdonnaye, surmontées d'une couronne de marquis : de gueules à trois bourdons d'argent posés en pal. |
| État de conservation |
Usure de la pierre qui affecte le buste. En 2023, deux grosses cassures ont affecté le nez et le drapé arrière du personnage féminin, à la suite d'un vandalisme. |
Informations complémentaires
| Type de dossier |
Dossier d'oeuvre objet mobilier |
|---|---|
| Référence du dossier |
IM86004707 |
| Dossier réalisé par |
Allard Thierry
Chercheur, service Patrimoine et Inventaire |
| Cadre d'étude |
|
| Aire d'étude |
Poitiers |
| Phase |
étudié |
| Date d'enquête |
2016 |
| Copyrights |
(c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel |
| Citer ce contenu |
Monument commémoratif de Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye, comte de Blossac, Dossier réalisé par Allard Thierry, (c) Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel, https://www.patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr/Default/doc/Dossier/34d949e0-5583-450d-b590-9becab7d214b |
| Titre courant |
Monument commémoratif de Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye, comte de Blossac |
|---|---|
| Dénomination |
monument |
| Précisions sur la dénomination |
monument commémoratif |
| Statut |
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|---|---|
| Intérêt |
|
Localisation
Adresse: Nouvelle-Aquitaine , Vienne , Poitiers
Cadastre: 2024 EP 49